La nycturie, définie comme le fait de se lever au moins deux fois par nuit pour uriner, est l’un des symptômes du SAS les plus fréquemment ignorés ou mal attribués. La plupart des patients consultant pour ce motif sont orientés vers un urologue ou un gynécologue, alors que la cause est souvent nocturne et respiratoire.
Le mécanisme physiopathologique
Lors d’une apnée obstructive, l’obstruction des voies aériennes crée une dépression thoracique intense. Le coeur droit perçoit cet afflux de pression comme un signal de surcharge volumique et sécrète en réponse du facteur natriurétique auriculaire (ANP), une hormone qui provoque l’élimination rénale de sodium et d’eau. Le résultat est une production urinaire nocturne anormalement élevée, indépendante de la consommation de boissons ou de l’état de la prostate.
Ce que cela signifie en pratique
Un homme de 60 ans qui se lève trois fois par nuit pour uriner et qui consulte pour un adénome prostatique peut très bien souffrir avant tout d’un SAS sévère. Traiter uniquement la prostate ne résoudra pas le problème si les apnées persistent. De même, une femme ménopausée attribuant ses nuits fractionnées à l’âge peut avoir un SAS sous-jacent.
La nycturie liée au SAS présente deux caractéristiques cliniques distinctives : elle est associée à d’autres signes nocturnes (ronflements, sommeil agité, sueurs) et elle disparaît ou se réduit significativement dès les premières semaines de traitement efficace par PPC.
