Le pharynx est la seule partie des voies aériennes dépourvue de structure osseuse ou cartilagineuse rigide. Sa perméabilité pendant le sommeil dépend entièrement du tonus des muscles qui l’entourent : muscles de la langue (génioglosse, hyoglosse), muscles du voile du palais, muscles constricteurs du pharynx et muscles sus-hyoïdiens. Le tout forme ce que les spécialistes appellent la sangle musculaire oropharyngée.
Ce qui se passe pendant le sommeil : le relâchement musculaire physiologique du sommeil réduit le tonus de l’ensemble de ces muscles. Chez les personnes prédisposées (anatomie étroite des voies aériennes, surpoids, âge), ce relâchement est suffisant pour que la pression négative inspiratoire provoque le collapsus de la paroi pharyngée : c’est l’apnée obstructive.
Le principe de la rééducation myofonctionnelle : en augmentant le tonus et la force de contraction de ces muscles à l’état de veille par un entraînement régulier, on réduit leur degré de relâchement pendant le sommeil. Le pharynx reste ainsi plus ouvert, réduisant ou supprimant le collapsus nocturne. C’est exactement le même principe que le renforcement musculaire sportif appliqué aux muscles des voies aériennes.
Quelle différence avec la chirurgie ? La chirurgie ORL (uvulo-palato-pharyngoplastie, amygdalectomie) agit sur les structures anatomiques en les réséquant ou en les repositionnant. La rééducation myofonctionnelle agit sur la fonction musculaire sans modifier l’anatomie, est réversible, sans risque chirurgical, et ses effets se maintiennent tant que la pratique est poursuivie.