Notre organisme fonctionne selon un rythme circadien d’environ 24 heures, orchestré par une horloge biologique centrale localisée dans les noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus. Cette horloge régule la température corporelle, la sécrétion hormonale, le métabolisme et le cycle veille-sommeil. Son principal synchroniseur externe est la lumière.
Le rôle des cellules à mélanopsine :
La rétine contient, en plus des cônes et des bâtonnets classiques, des cellules ganglionnaires à mélanopsine particulièrement sensibles à la lumière bleue (longueur d’onde autour de 480 nm). Ces cellules transmettent l’information lumineuse directement aux noyaux suprachiasmatiques via le tractus rétino-hypothalamique, indépendamment de la vision consciente. C’est par cette voie que la lumière inhibe la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale et maintient l’éveil.
Le cycle mélatonine-lumière :
- En présence de lumière vive : inhibition de la mélatonine, signal d’éveil envoyé à l’ensemble de l’organisme
- À la tombée de la nuit et dans l’obscurité : la mélatonine est sécrétée, la température corporelle baisse, la pression de sommeil augmente
- En cas d’exposition à la lumière artificielle le soir (écrans, LED) : le signal de nuit est retardé, l’endormissement est repoussé
Quand ce système déraille : des troubles circadiens apparaissent lorsque l’horloge biologique se désynchronise de l’environnement social et lumineux. Les principales manifestations sont le syndrome de retard de phase (coucher et lever très tardifs), le syndrome d’avance de phase (endormissement et réveil très précoces), les troubles affectifs saisonniers (TAS) et le décalage horaire persistant (jet lag chronique ou travail posté).