Tous les mouvements nocturnes n’ont pas la même signification. Il est important de les distinguer pour orienter correctement le bilan.
1. La secousse hypnique (myoclonie d’endormissement) : bénigne et universelle
Sursaut ou secousse brusque d’un membre ou du corps entier survenant au moment de l’endormissement, parfois accompagné d’une sensation de chute ou d’un flash visuel. Phénomène universel, touchant 60 à 70 % des adultes. Complètement bénin, il correspond à une décharge nerveuse lors de la transition veille-sommeil. Plus fréquent en cas de fatigue, stress ou privation de sommeil. Ne nécessite aucune prise en charge.
2. Les mouvements périodiques des membres pendant le sommeil (MPMS) : souvent silencieux mais fragmentants
Contractions involontaires et répétitives des membres inférieurs (extension du gros orteil, flexion du pied, parfois du genou et de la hanche) survenant toutes les 20 à 40 secondes pendant le sommeil. La personne n’en a généralement pas conscience : c’est le partenaire qui les observe, ou la polysomnographie qui les détecte. Ces mouvements peuvent provoquer des micro-éveils répétés, fragmentant le sommeil profond et générant une fatigue inexpliquée au réveil. Ils sont fréquemment associés au SJSR mais peuvent exister indépendamment.
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3. Le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) : à surveiller
La personne agit physiquement ses rêves pendant le sommeil : elle frappe, crie, se débat, tombe du lit. En temps normal, le corps est paralysé pendant le sommeil paradoxal (atonie musculaire). Dans le TCSP, cette paralysie est absente. Ces comportements surviennent en deuxième partie de nuit. Le TCSP est plus fréquent chez l’homme de plus de 50 ans et constitue un signal précoce potentiel de maladie neurodégénérative (Parkinson, démence à corps de Lewy) dans 50 à 80 % des cas à long terme. Une polysomnographie vidéo est indispensable.
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4. Le somnambulisme et les parasomnies NREM : comportements complexes en première partie de nuit
Déambulation nocturne, actions automatiques (manger, s’habiller, parler) survenant en sommeil profond, en première partie de nuit, sans conscience ni souvenir. Fréquent chez l’enfant, peut persister ou débuter à l’âge adulte. Lien possible avec une apnée du sommeil déclenchante.
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5. L’épilepsie nocturne : à éliminer en cas de mouvements stéréotypés
Certaines formes d’épilepsie (notamment l’épilepsie frontale nocturne) se manifestent par des mouvements moteurs nocturnes très ressemblants au somnambulisme ou aux parasomnies. Les éléments orientant vers l’épilepsie : mouvements très stéréotypés et identiques à chaque épisode, multiples dans la même nuit, avec des postures toniques particulières. La polysomnographie vidéo avec EEG permet de distinguer.
