Mouvements nocturnes involontaires :

jambes agitées, secousses, soubresauts : que signifient-ils ?

Votre partenaire vous signale que vous bougez énormément la nuit, que vos jambes donnent des coups, que vous semblez courir dans votre sommeil. Ou vous vous réveillez avec un bras ou une jambe qui a sursauté. Les mouvements nocturnes involontaires sont fréquents, variés dans leurs causes et leur gravité : de la simple secousse hypnique bénigne à des comportements nocturnes complexes pouvant signaler une maladie neurologique. Cette page vous aide à comprendre de quoi il s'agit et quand il faut consulter.

Les différents types de mouvements nocturnes : du bénin au préoccupant

Tous les mouvements nocturnes n’ont pas la même signification. Il est important de les distinguer pour orienter correctement le bilan.

La myoclonie bénigne d’endormissement

Sursaut ou secousse brusque d’un membre ou du corps entier survenant au moment de l’endormissement, parfois accompagné d’une sensation de chute ou d’un flash visuel. Phénomène universel, touchant 60 à 70 % des adultes. Complètement bénin, il correspond à une décharge nerveuse lors de la transition veille-sommeil. Plus fréquent en cas de fatigue, stress ou privation de sommeil. Ne nécessite aucune prise en charge.

Les myoclonies propriospinales

Ces secousses sont souvent répétées et surviennent lors de la transition veille-sommeil, parfois avant l’endormissement. Elle se manifestent par des contractions involontaires dont le point de départ est souvent abdominal. Une cause neurologique est à rechercher.

Les secousses de la tête en sommeil paradoxal

Ces secousses intéressent la nuque, et sont rarement perçue par le dormeur. Elles intéressent la nuque et entrainent des mouvements de rotation ou de flexion du cou. Elles surviennent en sommeil paradoxal, et sont souvent répétées. Leur caractère pathologique n’est pas démontré.

Les mouvements périodiques des membres

Contractions involontaires et répétitives des membres inférieurs (extension du gros orteil, flexion du pied, parfois du genou et de la hanche) survenant toutes les 20 à 40 secondes pendant le sommeil. La personne n’en a généralement pas conscience : c’est le partenaire qui les observe, ou la polysomnographie qui les détecte. Ces mouvements peuvent provoquer des micro-éveils répétés, fragmentant le sommeil profond et générant une fatigue inexpliquée au réveil. Ils sont fréquemment associés au syndrome des jambe sans repos mais peuvent exister indépendamment.

Le trouble du comportement en sommeil paradoxal

Les personnes atteintes du trouble du comportement en sommeil paradoxal, surtout dans les formes débutantes peuvent avoir des secousses musculaires désordonnées lors des phases de sommeil paradoxal, parfois accompagnées de paroles.

Les rythmies du someil

Elles se manifestent par des mouvements répétitifs souvent involontaires durant l’éveil ou le sommeil. De frottements répétitifs et rythmiques des jambes à l’endormissement, jusqu’à d’importants balancements de la tête ou du corps entier, elles doivent toujours amener à consulter en particulier après l’âge de 5 ans.

Questions fréquentes sur les mouvements nocturnes

Pourquoi sursauté-je à l'endormissement ?

Ce sursaut est une secousse hypnique (ou myoclonie d’endormissement), un phénomène parfaitement normal touchant 60 à 70 % des adultes. Il survient lors de la transition veille-sommeil et correspond à une décharge nerveuse involontaire du système moteur. Il est plus fréquent en période de fatigue, de stress ou de privation de sommeil. Il ne nécessite aucun traitement ni consultation.

Les mouvements périodiques des membres sont-ils graves ?

Les MPMS ne sont pas dangereux en eux-mêmes, mais peuvent significativement fragmenter le sommeil sans que la personne s’en rende compte. Lorsqu’ils sont nombreux (index supérieur à 15 par heure de sommeil) avec des micro-éveils associés, ils peuvent générer une fatigue chronique inexpliquée, une somnolence diurne ou des réveils nocturnes répétés. La polysomnographie les met en évidence et permet d’évaluer leur impact réel. Le traitement vise en premier lieu une carence en fer associée, puis un traitement médicamenteux si nécessaire.

Mon partenaire donne des coups de pied la nuit : est-ce le SJSR ?

Pas nécessairement. Le SJSR se manifeste à l’éveil, en soirée, par des sensations désagréables dans les membres. Les coups de pied ou mouvements nocturnes observés pendant le sommeil correspondent plutôt aux mouvements périodiques des membres (MPMS), qui sont souvent associés au SJSR mais peuvent exister seuls. Dans les deux cas, une consultation et un bilan (ferritinémie notamment) sont recommandés pour identifier la cause et adapter le traitement.

Qu'est-ce que le TCSP et pourquoi est-il important de le diagnostiquer ?

Le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) se caractérise par l’absence de paralysie musculaire normale pendant le sommeil paradoxal : la personne agit physiquement ses rêves (cris, coups, chutes). Il est important de le diagnostiquer car il constitue dans 50 à 80 % des cas un signal précoce de maladie neurodégénérative (maladie de Parkinson, démence à corps de Lewy, atrophie multisystémique), pouvant précéder les symptômes neurologiques de 10 à 15 ans. Un diagnostic précoce permet une surveillance neurologique adaptée. La polysomnographie vidéo confirme le diagnostic.

Un enfant qui bouge beaucoup la nuit doit-il consulter ?

Un enfant agité la nuit est fréquent et souvent bénin. Les causes les plus communes sont le somnambulisme, les terreurs nocturnes, une apnée du sommeil pédiatrique ou simplement un sommeil naturellement plus léger chez l’enfant. Une consultation est recommandée si l’agitation est intense et récurrente, si elle s’accompagne de ronflements, de difficultés de concentration en journée, d’un retard de croissance ou si les mouvements sont très stéréotypés et ressemblent à des convulsions.

Mouvements nocturnes inexpliqués ?

La polysomnographie identifie en une nuit la nature et l’impact de vos mouvements nocturnes sur votre sommeil.

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