Les mécanismes par lesquels l’activité physique améliore le sommeil sont multiples et bien documentés.
Sur la pression de sommeil et l’architecture des cycles : l’exercice augmente la dépense en adénosine, molécule qui s’accumule pendant l’éveil et constitue le principal signal de pression de sommeil homéostatique. Il amplifie le rebond de sommeil lent profond (stade N3) la nuit suivante, le stade le plus réparateur sur le plan physique et cognitif.
Sur la thermorégulation : l’exercice élève la température corporelle centrale pendant l’effort, suivie d’une chute thermique post-exercice qui favorise l’endormissement. Cet effet est maximal lorsque l’exercice est pratiqué en fin d’après-midi ou en début de soirée (au moins 2 à 3 heures avant le coucher).
Sur l’axe stress et l’hyperéveil : l’exercice régulier réduit les niveaux de cortisol nocturne, diminue l’activité du système nerveux sympathique et augmente la variabilité de la fréquence cardiaque, indicateurs d’une meilleure régulation du stress. Il réduit ainsi l’hyperéveil physiologique central à l’insomnie chronique.
Sur l’inflammation systémique : la sédentarité entretient un état inflammatoire de bas grade qui aggrave la fragmentation du sommeil et la fatigue diurne. L’exercice régulier réduit les marqueurs inflammatoires (CRP, IL-6, TNF-alpha) et améliore la qualité du sommeil indépendamment de tout autre facteur.
Sur le SAS spécifiquement : au-delà de la réduction du tissu adipeux péri-pharyngé liée à la perte de poids, l’exercice améliore le tonus des muscles des voies aériennes supérieures, réduit la rétention liquidienne des membres inférieurs (qui se redistribue vers le cou en décubitus et aggrave le collapsus pharyngé) et améliore la commande ventilatoire centrale.