Terreurs nocturnes :

comprendre, rassurer et prendre en charge cette parasomnie

Votre enfant se redresse brusquement en hurlant, les yeux grands ouverts, agité, en sueur, sans vous reconnaître et sans répondre à vos appels. L'épisode dure quelques minutes, puis il se rendort comme si rien ne s'était passé, sans aucun souvenir le lendemain. Cette scène terrifiante pour les parents porte un nom : la terreur nocturne. Fréquente chez l'enfant et bénigne dans l'immense majorité des cas, elle peut persister à l'âge adulte et altérer le sommeil. Chez SomnoPlus, nos médecins somnologues diagnostiquent et prennent en charge la terreur nocturne dans nos centres de Montpellier, Narbonne, Vendargues, Caveirac et Aucamville.

Qu'est-ce que la terreur nocturne ?

La terreur nocturne est une parasomnie du sommeil lent, appartenant à la même famille que le somnambulisme et les éveils confusionnels. Elle se caractérise par un éveil incomplet et brutal depuis le sommeil profond, accompagné d’une intense réaction de peur avec manifestations physiques de l’anxiété, sans que la personne soit réellement consciente de ce qui se passe.

Comme le somnambulisme, elle survient dans le premier tiers de la nuit,  et l’épisode est suivi le plus souvent d’une amnésie complète le lendemain matin. C’est ce qui la distingue fondamentalement du cauchemar, qui lui survient dans la phase du sommeil paradoxal, en fin de nuit, et laisse un souvenir précis et angoissant.

Les manifestations de la terreur nocturne s’expliquent par un état dissocié. Il s’agit d’un éveil incomplet : une partie du cerveau s’éveille (déclenchant les réactions de peur, les cris, l’agitation) tandis qu’une autre reste en sommeil profond (empêchant la prise de conscience, le contact avec l’environnement et l’enregistrement mémoriel).

La terreur nocturne en soit n’est pas une maladie grave, dans la majorité des cas, elle est bénigne et ne nécessite pas d’intervention médicale. Toutefois, elle peut exposer les personnes à certains risques et conséquences.

Risques physiques

  • Chutes
  • Blessures envers le partenaire de lit

Conséquences sur le sommeil

  • Fragmentation du sommeil profond lors des épisodes, avec fatigue diurne et somnolence le lendemain
  • Perturbation du sommeil du partenaire ou des autres membres du foyer

Conséquences psychologiques et sociales

  • Anxiété anticipatoire en lien avec le risque de faire des épisodes
  • Gêne sociale, honte, refus de dormir hors du domicile (voyages, hôtels)
  • Tensions conjugales liées à la perturbation du sommeil du partenaire

Qui est concerné par la terreur nocturne ?

Les terreurs nocturnes sont nettement plus fréquentes chez l’enfant que chez l’adulte, et régressent spontanément dans la grande majorité des cas.

Ce que disent les chiffres

Chez l’enfant la terreur nocturne affecte jusqu’à 10 % des enfants, avec un pic entre 4 et 8 ans. Souvent transitoires, elles disparaissent spontanément avant ou pendant l’adolescence dans plus de 90 % des cas, avec la maturation du système nerveux et la réduction naturelle du sommeil lent profond. Seulement 1% des adultes sont concernés par la terreur nocturne.

Quelles en sont les facteurs de risque ?

La terreur nocturne a une forte composante héréditaire, partagée avec le somnambulisme et les éveils confusionnels. Elle n’est pas l’expression d’un trouble psychologique refoulé, mais le stress est un facteur qui peut favoriser la survenue des terreurs nocturnes chez les personnes qui sont sujettes à en faire. Le manque de sommeil conduit également à favoriser les épisodes de terreurs nocturnes. Face au manque de sommeil, l’organisme va approfondir le sommeil, mécanisme qui favorise les éveils incomplets à partir du sommeil lent profond.

Comment traite-t-on la terreur nocturne ?

Dans la grande majorité des cas chez l’enfant, les terreurs nocturnes ne nécessitent pas de traitement médicamenteux. La prise en charge repose sur la réassurance des parents, l’identification et la suppression des facteurs déclenchants, et parfois des techniques comportementales.

Hygiène de sommeil

Ces mesures visent à limiter la fréquence et les conséquences des épisodes, et incluent :

  • Régulariser les horaires de sommeil et éviter toute privation de sommeil
  • Sécuriser l’environnement (éviter les lits superposés, s’assurer de l’absence d’objets potentiellement dangeureux, sécuriser les portes et fenêtres)
  • Instaurer une routine apaisante avant le coucher
  • Éviter les écrans, les jeux vidéo et les émotions fortes dans l’heure précédant le coucher
  • Traiter une fièvre rapidement chez l’enfant
  • Identifier et gérer les sources de stress ou d’anxiété pouvant aggraver la survenue des épisodes

Technique des éveils programmés 

Cette technique peut être efficace chez l’enfant lorsque les épisodes surviennent de façon prévisible à une heure régulière. Les parents notent l’heure des épisodes pendant 1 à 2 semaines, puis réveillent doucement l’enfant quelques instants 15 à 30 minutes avant l’heure habituelle de survenue de la terreur, pendant 4 à 6 semaines consécutives.

Traitements médicamenteux

Réservés aux terreurs nocturnes très fréquentes, sévères ou ne répondant pas aux mesures comportementales :

  • 5 hydroxy-tryptophane : il s’agit d’un complément alimentaire naturel précurseur de la sérotonine. On le trouve dans les extraits de Griffonia. Il s’agit du seul produit qui ait fait l’objet d’une étude controlée ayant démontré une efficacité supérieure au placebo chez l’enfant.
  • Clonazépam (RIVOTRIL) : Traitement le plus utilisé chez l’adulte, il réduit légèrement la profondeur du sommeil et en limite sa fragmentation. Le clonazépam ne fonctionne qu’à faibles doses dans la terreur nocturne.
  • Mélatonine : rarement efficace dans la terreur nocturne, elle peut parfois être utilisée en cas d’insomnie associée.

Prise en charge des terreurs nocturnes chez SomnoPlus en Occitanie

1. Consultation diagnostique avec un médecin somnologue

Le diagnostic de la terreur nocturne repose avant tout sur un interrogatoire détaillé, mené par un médecin somnologue, idéalement en présence d’un proche, témoin des épisodes. Le médecin somnologue recherche les symptômes caractéristiques de la terreur nocturne, en évalue la sévérité et les conséquences délétères. Il recherche également la présence d’autres troubles du sommeil associés. Son évaluation peut être complétée par des questionnaires. A l’issue de son évaluation, le médecin somnologue peut parfois poser une indication d’examen du sommeil pour affiner son diagnostic.

2. Examens du sommeil

Plusieurs examens peuvent être réalisés dans le cadre du bilan de terreur nocturne.

Vidéo-polysomnographie en hospitalisation

La vidéo-polysomnographie est l’examen de référence pour l’étude de la terreur nocturne. Cet examen combine un examen complet du sommeil combiné avec une surveillance vidéo synchronisée. Sa complexité impose une réalisation au cours d’une hospitalisation d’une nuit en hospitalisation dans un centre spécialisé.

Polysomnographie à domicile
La polysomnographie à domicile peut être réalisée principalement pour rechercher un autre trouble du sommeil associé, comme un syndrome d’apnées du sommeil. En l’absence d’enregistrement vidéo, elle ne permet pas d’évaluer finement les épisodes, mais elle permet d’étudier la fragmentation du sommeil lent profond, fréquemment associée aux terreurs nocturnes.

Vidéosomnographie à domicile

Cet examen consiste à capturer des épisodes de terreur nocturne avec une caméra infra-rouge installée au domicile sur plusieurs nuits consécutives. Cet examen permet de mieux évaluer les manifestations associées aux terreurs nocturnes, et en apprécier plus finement leur fréquence.

3. Consultation de résultats avec un médecin somnologue

La consultation d’annonce diagnostique permet de discuter des résultats des examens éventuels, de dispenser les conseils d’hygiène de sommeil spécifiques aux parasomnies, et de décider de l’éventuelle approche thérapeutique, médicamenteuse ou non.

4. Suivi

En fonction des interventions thérapeutiques proposées, un suivi plus ou moins rapproché sera envisagé. Ce suivi est en général assuré par le médecin somnologue, mais aussi par un(e) infirmier(e) en pratique avancée. En cas de prescription, un suivi coordonné est proposé généralement à 1 mois, 3 mois puis tous les 6 mois à un an si nécessaire.

Nos 5 centres SomnoLab s’occupent de la terreur nocturne dans l’Hérault, l’Aude, le Gard et la Haute-Garonne : Montpellier, Narbonne, Vendargues, Caveirac et Aucamville. Consultations disponibles en présentiel et en téléconsultation.

Questions fréquentes sur les terreurs nocturnes

Mon enfant a une terreur nocturne, faut-il appeler le médecin d'urgence ?

Non, dans la grande majorité des cas. Une terreur nocturne est impressionnante mais bénigne. Il faut simplement rester calme, assurer la sécurité physique de l’enfant et attendre la fin spontanée de l’épisode. Appelez un médecin si l’épisode dure plus de 30 minutes, si des convulsions sont observées, si l’enfant se blesse, ou si les épisodes sont très fréquents (plusieurs fois par semaine depuis plusieurs semaines).

Les terreurs nocturnes sont-elles le signe d'un problème psychologique chez l'enfant ?

Non. Les terreurs nocturnes sont un phénomène neurologique de maturation, pas le reflet d’une souffrance psychologique. Elles ne signifient pas que l’enfant a vécu un traumatisme, qu’il est anxieux ou qu’il y a un problème familial. Elles témoignent simplement d’une immaturité du système de régulation entre sommeil profond et éveil, qui se corrige avec le temps. Si elles coïncident avec une période de stress identifiable (rentrée scolaire, séparation parentale), il peut être utile d’en parler à un pédiatre, mais elles n’en sont pas forcément la conséquence directe.

Faut-il en parler à l'enfant le lendemain ?

En général non, surtout si l’enfant n’en a aucun souvenir. Lui décrire ce qui s’est passé peut l’angoisser inutilement et créer une appréhension du coucher. Si l’enfant pose des questions de lui-même, répondre simplement et sans dramatiser : “tu as eu du mal à dormir cette nuit, mais tu vas bien maintenant”. En revanche, il peut être utile d’en parler à l’enfant plus grand (8 ans et plus) qui en aurait un souvenir partiel, pour le rassurer.

Les terreurs nocturnes peuvent-elles être confondues avec de l'épilepsie ?

Oui, c’est le principal diagnostic différentiel à éliminer, surtout chez l’adulte. L’épilepsie nocturne frontale peut produire des épisodes très similaires. Les éléments orientant vers l’épilepsie sont : épisodes très courts et très stéréotypés, multiples dans la même nuit, avec des postures ou des mouvements particulièrement caractéristiques. La polysomnographie vidéo avec EEG simultané permet de trancher. Une consultation neurologique peut être nécessaire.

Les terreurs nocturnes disparaissent-elles toujours avec l'âge ?

Chez l’enfant, oui dans plus de 90 % des cas, spontanément avant l’adolescence. Chez l’adulte, l’évolution est moins prévisible. Certains adultes persistent avec des épisodes toute leur vie, souvent en lien avec des facteurs déclenchants identifiables (stress, alcool, manque de sommeil). Un traitement efficace peut être mis en place pour les formes persistantes ou sévères.

La technique des éveils programmés est-elle vraiment efficace ?

Oui, les études disponibles montrent une efficacité de l’ordre de 80 % pour supprimer ou réduire significativement les épisodes chez l’enfant lorsqu’ils surviennent à heure régulière. La technique consiste à réveiller doucement l’enfant 15 à 30 minutes avant l’heure habituelle des épisodes, pendant 4 à 6 semaines consécutives. Elle est simple, sans médicament et sans effet secondaire.