On parle de SAS positionnel lorsque l’IAH en décubitus dorsal (position sur le dos) est au moins deux fois supérieur à l’IAH en position latérale (sur le côté). Cette définition, établie par Cartwright dès 1984 et confirmée depuis par de nombreuses études, identifie un sous-groupe clinique distinct représentant 40 à 60 % des patients apnéiques.
Pourquoi la position dorsale aggrave-t-elle les apnées ?
En décubitus dorsal, la gravité exerce une traction vers l’arrière sur la langue, la luette et les tissus mous du pharynx. Ce recul postérieur rétrécit ou obstrue la filière aérienne, favorisant le collapsus des voies aériennes supérieures. À l’inverse, en décubitus latéral, la langue tombe sur le côté et l’espace pharyngé reste plus ouvert.
Profil typique du patient à SAS positionnel :
- IMC modérément élevé (surpoids sans obésité franche)
- SAS léger à modéré (IAH global inférieur à 30, mais IAH dorsal parfois supérieur à 40)
- Homme jeune ou d’âge moyen
- Cou de longueur et circonférence normales
Comment est-il diagnostiqué ?
La polygraphie ventilatoire ou la polysomnographie enregistrent automatiquement la position corporelle tout au long de la nuit grâce à un capteur de position intégré. L’analyse des événements respiratoires par position permet de calculer l’IAH dorsal et l’IAH latéral, et d’objectiver le caractère positionnel du SAS.