Les dispositifs grand public ne mesurent pas le sommeil directement. Ils mesurent des signaux physiologiques proxy à partir desquels des algorithmes propriétaires inférent des stades de sommeil. Comprendre ce qu’ils captent réellement aide à interpréter leurs données sans les surestimer ni les ignorer.
L’accélérométrie (mouvement) : capteur de base de toutes les montres et bagues connectées. Mesure les mouvements du poignet ou du doigt. Distingue l’immobilité (inférée comme sommeil) de l’activité (inférée comme éveil). Précision correcte pour estimer la durée totale de sommeil et les réveils prolongés, mais très limitée pour la détection des stades fins (sommeil léger, profond, paradoxal).
La photopléthysmographie (PPG) : capteur optique mesurant les variations du flux sanguin sous-cutané. Permet de calculer la fréquence cardiaque et, par dérivation, la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC). La VFC est un indicateur fiable de la qualité de récupération du système nerveux autonome pendant le sommeil. C’est la mesure la plus utile cliniquement parmi celles accessibles aux dispositifs grand public.
L’oxymétrie de pouls (SpO2) : certaines montres et bagues mesurent la saturation en oxygène pendant la nuit. Cette mesure est potentiellement la plus utile médicalement : des chutes répétées de SpO2 en dessous de 90 % pendant le sommeil sont un signal d’alerte pour un SAS non diagnostiqué. Cependant, la précision des capteurs grand public est inférieure à celle des oxymètres médicaux certifiés, avec des taux de faux positifs et de faux négatifs non négligeables.
La température cutanée : mesurée par les bagues connectées (Oura, Ultrahuman) et certaines montres récentes. Indicateur utile des variations du rythme circadien, de la récupération après effort et, chez la femme, du cycle menstruel. Moins directement lié aux stades de sommeil mais pertinent pour le suivi chronobiologique.
Ce que ces dispositifs ne peuvent pas mesurer : l’activité cérébrale (EEG), les mouvements oculaires (EOG), le tonus musculaire (EMG), le flux respiratoire et les efforts respiratoires. Ces cinq paramètres sont indispensables au diagnostic médical des troubles du sommeil. Aucun dispositif grand public ne peut remplacer une polygraphie ou une polysomnographie.
