1. La nycturie : se lever uriner 2 fois ou plus par nuit
La nycturie est l’un des signes les plus fréquents et les moins connus du SAS. Elle est habituellement attribuée à un problème urologique (prostate, vessie hyperactive) ou à une consommation excessive de liquides le soir. Dans un cas sur trois environ, elle est pourtant directement liée aux apnées.
Le mécanisme est le suivant : lors de chaque apnée, les efforts respiratoires contre les voies aériennes fermées créent une dépression intrathoracique intense qui stimule les oreillettes cardiaques. Celles-ci interprètent ce signal comme une surcharge volémique et libèrent du peptide natriurétique auriculaire (ANP), une hormone qui augmente l’élimination rénale du sodium et de l’eau. Résultat : une production d’urine nocturne anormalement élevée qui force aux levers nocturnes.
Ce mécanisme explique pourquoi le traitement du SAS par PPC normalise la nycturie en quelques semaines chez de nombreux patients, sans aucun traitement urologique.
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2. Les maux de tête matinaux : céphalées qui disparaissent en se levant
Un mal de tête systématique au réveil, localisé souvent en bande autour du front ou aux tempes, qui diminue ou disparaît dans les 30 à 60 minutes suivant le lever : c’est un signe très évocateur du SAS.
Le mécanisme implique deux phénomènes conjugués. D’une part, les apnées répétées provoquent des épisodes de désaturation en oxygène (hypoxie nocturne) accompagnés d’une élévation du CO2 sanguin (hypercapnie). L’hypercapnie est un puissant vasodilatateur cérébral : elle dilate les artères cérébrales, augmentant la pression intracrânienne et provoquant la céphalée. D’autre part, les micro-éveils répétés activent le système nerveux sympathique, entretenant une tension vasculaire nocturne. En se levant et en reprenant une respiration normale, la normoxie se rétablit, le CO2 chute et les céphalées cèdent.
Ces maux de tête matinaux sont souvent confondus avec des migraines, des céphalées de tension ou une hypertension artérielle.
3. Les réveils en suffocation : l’alarme respiratoire
Se réveiller brutalement avec une sensation d’étouffement, d’oppression thoracique ou d’incapacité à respirer est l’un des signes les plus spectaculaires et les plus alarmants du SAS. Il survient lorsqu’une apnée est suffisamment longue ou sévère pour déclencher un réveil complet plutôt qu’un simple micro-éveil.
La personne reprend violemment sa respiration, parfois avec un son de reniflement ou de halètement, et peut mettre plusieurs secondes à comprendre ce qui se passe. Elle peut ressentir de la panique ou de l’angoisse. Ces épisodes sont souvent confondus avec des crises d’anxiété nocturne ou des attaques de panique.
À noter : tous les patients SAS ne ressentent pas de réveils en suffocation. Beaucoup n’ont que des micro-éveils imperceptibles, ce qui rend le diagnostic encore plus difficile sans examen du sommeil.
4. Les pauses respiratoires observées par l’entourage
C’est le signe le plus direct et le plus fiable. Le partenaire observe des silences dans la respiration de la personne endormie, d’une durée de 10 secondes à parfois plus d’une minute, suivis d’une reprise bruyante. Ces pauses peuvent se répéter des dizaines de fois par heure.
La personne qui ronfle et dont la respiration s’interrompt régulièrement doit bénéficier d’une polygraphie ventilatoire. C’est un critère diagnostique direct du SAS : la présence de pauses respiratoires observées figure dans le questionnaire STOP-BANG (critère O : “Observed apneas”).
Certains patients vivent seuls et n’ont personne pour observer leur sommeil. Dans ce cas, les autres signes cliniques prennent encore plus d’importance, et les questionnaires validés (STOP-BANG, Epworth) permettent d’orienter vers le bilan.
Ces 4 signes sont d’autant plus évocateurs du SAS qu’ils s’associent entre eux. La présence de 2 signes ou plus justifie à elle seule une polygraphie ventilatoire, remboursée par l’Assurance maladie sur prescription.