Les hypersomnies centrales sont une famille de troubles du sommeil qui ont comme symptôme principal une somnolence diurne excessive. Dans les hypersomnies, cette somnolence n’est pas liée à une dette de sommeil (de nombreux patients hypersomniaques dorment même trop), ou un sommeil de mauvaise qualité (de nombreux patients ont des nuits d’une qualité remarquable). Deux autres symptômes peuvent accompagner la somnolence, en particulier la durée excessive de sommeil et les difficultés de réveil (appelées aussi inertie).
On distingue plusieurs maladies au sein des hypersomnies d’origine centrale :
La narcolepsie de type 1 (anciennement narcolepsie avec cataplexie)
C’est la forme la mieux identifiée et la plus étudiée, en lien avec l’incapacité du cerveau à produire un médiateur éveillant, l’orexine. Cette maladie sévère débute souvent dans l’enfance, et s’accompagne d’une somnolence majeure, de cataplexies (chutes brutales du tonus musculaire déclenché par une émotion positive), d’un sommeil de nuit perturbé par des paralysies de sommeil, des hallucinations du sommeil, une agitation motrice et souvent une prise de poids.
La narcolepsie de type 2 (anciennement narcolepsie sans cataplexie)
Elle se manifeste par une somnolence sévère, sans cataplexies. Le sommeil de nuit est généralement moins perturbé que dans la narcolepsie de type 1.
L’hypersomnie idiopathique
Elle se manifeste par une hypersomnolence associant une somnolence diurne excessive sans les signes caractéristiques de la narcolepsie, une durée excessive de sommeil (plus de 11 heures), une inertie au réveil et des siestes longues et non réparatrices.
Le syndrome de Kleine-Levin
C’est l’hypersomnie la plus rare, touchant surtout les adolescents, avec des épisodes récurrents d’hypersomnolence majeure pouvant durer des jours à des semaines, associés à des troubles cognitifs et comportementaux, de l’appétit et parfois sexuels.
Les hypersomnies ont un impact sévère sur l’ensemble de la vie quotidienne, avec :
Des risques liés à la sécurité
- Risque d’accidents de la route très élevé : les endormissements au volant sont fréquents et potentiellement mortels. La narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique sont des contre-indications à la conduite automobile sans traitement adapté et avis médical favorable.
- Accidents professionnels, notamment sur machines ou en hauteur
Des conséquences professionnelles et scolaires
- Échec scolaire ou universitaire fréquent lorsque la maladie débute à l’adolescence
- Difficultés à maintenir un emploi en raison de la somnolence et des absences involontaires
- Prise en charge en invalidité dans les formes sévères non contrôlées
Des conséquences psychologiques et sociales
- Dépression réactionnelle fréquente, liée au sentiment de ne pas être cru et à l’incompréhension de l’entourage
- Anxiété, isolement social, repli sur soi
- Altération de la vie affective et familiale
- Sentiment de honte ou de culpabilité lié aux endormissements involontaires en public
